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 Quelques caractérisations

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Pierre FRITSCH



Nombre de messages : 5
Localisation : Valence - DROME
Date d'inscription : 04/02/2007

MessageSujet: Quelques caractérisations   Sam 17 Mar - 2:14

Se mettre d'accord sur ce qu'on met derrière les notions devrait permettre de se comprendre.

Je précise, en premier lieu, que je suis assez engagé du côté du féminisme et intellectuellement héritier du féminisme qu'on appelle radical et matérialiste. Cependant, le féminisme est le mouvement des femmes. Je suis donc un garçon proféministe. Il existe d'ailleurs un mouvement européen des hommes proféministes.

Le féminisme est un mouvement de lutte qui a notamment des développements intellectuels. Ces développements intellectuels peuvent être très contradictoires ; il y a grand écart entre le féminisme essentialiste et le féminisme qu'on voudra plus matérialiste.

L'antisexisme est un programme d'action contre le sexisme. Si donc le communiste doit soutenir le mouvement féministe, il doit par contre avoir un programme d'action antisexiste. Si l'on considère que le sexisme est toute action générant (c'est-à-dire produisant) de la différence sociale entre les garçons et les filles, il y a lieu de "dé-générer" ces différences.

Il est évident qu'il y a derrière cette proposition l'idée que les différences aujourd'hui constatées entre les hommes et les femmes sont produites par des constructions sociales et non un quelconque produit biologique. Mais d'où vient cette idée ?

Le féminisme a posé, dans un premier temps de lutte, qu'il y a des sexes biologiques (sexe) et qu'il y a des sexes sociaux (genre) et cela a été particulièrement utile aux luttes et à la construction théorique ; il y a en effet eu un travail de dé-construction re-construction.

Ensuite, un courant du féminisme matérialiste a tenté de faire une lecture du genre avec les mêmes outils conceptuels que ceux du matérialisme dialectique. Et quel a été le constat ? Qu'il n'y a pas qu'un problème de valeurs et de représentations du féminin et du masculin, mais que ces valeurs étaient produites par des rapports sociaux d'exploitation des femmes par les hommes. Ce système, appelé patriarcat, est un système qui oppose hommes et femmes ; ils et elles ont des intérêts opposés, contradictoires mais non dépassables tant que serait considéré que "les hommes sont" et que "les femmes sont".

Or ce "les hommes sont" et ce "les femmes sont", ce n'est plus seulement le genre mais c'est aussi le sexe. Ce qui est en cause n'est pas seulement le genre mais aussi le sexe qui, si on y regarde de plus près, n'est pas d'abord sexe mais d'abord genre. Pour le dire autrement, c'est le genre qui construit le sexe. Et toute l'analyse historique du rapport à la question du sexe biologique montre quoi ? La biologie, et la lecture qui est donnée de faits de nature, a toujours été au service des représentations sociales du monde construites dans des rapports sociaux.

Le sexe biologique est "le problème" et ce n'est pas seulement le genre qui est problématique. Je suis pour un dépassement radical et, on l'aura compris, je m'autorise d'aller très très loin aussi sur cette question. Ce n'est donc pas en rabattre sur les prétentions que de laisser le féminisme aux femmes et ce n'est pas en rabattre sur les prétentions que de faire porter la radicalité sur 'l'antisexisme" puisque c'est bien là qu'est l'enjeu, de la même manière que pour être radicalement anticapitalisme il conviendra bien de faire sauter le rapport social du salariat.
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philippe gascuel



Nombre de messages : 10
Age : 91
Localisation : Rouen
Date d'inscription : 04/02/2007

MessageSujet: Quelques commentaires sur le texte de Pierre   Sam 17 Mar - 8:24

(...)
" Je suis assez engagé du côté du féminisme et intellectuellement héritier du féminisme qu'on appelle radical et matérialiste. Cependant, le féminisme est le mouvement des femmes. Je suis donc un garçon proféministe. Il existe d'ailleurs un mouvement européen des hommes proféministes ".
Je ne connais pas ce mouvement, mais OK pour " proféministe, radical, matérialiste ". Ne manque-t’il pas " dialectique " ?
(...)
" Si l'on considère que le sexisme est toute action générant (c'est-à-dire produisant) de la différence sociale entre les garçons et les filles, il y a lieu de "dé-générer" ces différences ".
Faut il " dé-générer " toutes les différences ? Est-ce que ce ne serait pas une erreur dialectique ? Toutes les différences sont elles de même nature ?

" Il est évident qu'il y a derrière cette proposition l'idée que les différences aujourd'hui constatées entre les hommes et les femmes sont produites par des constructions sociales et non un quelconque produit biologique "
Je pense que ni l’une ni l’autre de ces deux hypothèses n’est suffisantes. Je pense que les hommes exploitent les femmes (et que cela est très visible et scandaleux), mais je pense aussi que les hommes et les femmes ont des qualités complémentaires. Donc les causalités sous jacentes pertinentes pour expliquer les différences et les traiter intelligemment sont à la fois sociales et biologiques.
(...)
" Ce "les hommes sont" et ce "les femmes sont", ce n'est plus seulement le genre mais c'est aussi le sexe "
Je pense, contrairement à l’auteur du texte, que cela est vrai.
" Ce qui est en cause n'est pas seulement le genre mais aussi le sexe qui, si on y regarde de plus près, n'est pas d'abord sexe mais d'abord genre. Pour le dire autrement, c'est le genre qui construit le sexe "
Je ne le crois pas
" Et toute l'analyse historique du rapport à la question du sexe biologique montre quoi ? La biologie, et la lecture qui est donnée de faits de nature, a toujours été au service des représentations sociales du monde construites dans des rapports sociaux "
Ceci est faux, cela conduit à l’idéologie erronée de contradiction entre " science bourgeoise et science prolétarienne ", à l’origine du scandale Lyssenko.
(...)
Il existe deux sortes de contradictions dialectiques.
Les unes sont " antagoniques ", comme " exploitation capitaliste ", et alors la "sortie vers le plus humain" consiste en l’élimination d’un des deux pôles de la contradiction par l’autre.
Les autres sont " non-antagoniques ", comme " exploitation des femmes par les hommes ", et alors la "sortie vers le plus humain" consiste en la découverte, la compréhension réciproque, l’utilisation intelligente, de la complémentarité fonctionnelle entre les deux pôles de la contradiction.
Je reconnais que je suis ici outrageusement schématique.
J’ai cité , en annexe dans mon livre sur Internet, un texte très sensible de Karine sur ce thème :
http://perso.orange.fr/philippe.gascuel/revotous.htm
_________________
Philippe Gascuel
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